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Voici un grand voyage et
un livre pour le raconter. Pendant ce voyage, l'auteur a porté trois
chapeaux: coopérant, journaliste et... touriste. L'aventure décrite
ici s'étend sur six mois, une douzaine de pays du continent africain
et de l'Europe de l'Est; 35 000 kilomètres en avion, en train, en
car, en bâché ou en pirogue, une dizaine de vols internationaux et
plusieurs trains transfrontaliers.
Premier flashback:
5 000 mètres au-dessus d'Amsterdam (fin du voyage, 22 juin)
Après six mois passés dans dix pays africains et européens, j'étais revenu à la maison. Enfin presque: un dernier train pour Bruxelles dans quelques jours et de là un dernier avion pour Montréal. Tout était parfait.
Pourquoi alors je braillais? Bonne question.
Pendant que le jet amorçait sa descente, ma voisine, juste à côté, me regardait du coin de l'oeil avec, croyais-je deviner, un mélange de curiosité et de respect. Elle n'a rien dit: dans un gros transporteur, on peut trouver mille explications à voir quelqu'un brailler. C'était mon cas: mélange d'émotions, à la fois heureux de me rapprocher de la maison et triste que ce soit la fin de l'aventure. Allez savoir.
Ces émotions étaient comme du magma en fusion, un ensemble incohérent et indéfinissable. Heureux de faire un bilan positif de ce long périple d'étude et d'exploration, mais encore troublé à la seule pensée des dangers qui ont été évités, de toutes ces choses qui auraient pu mal tourner et qui pourtant ne l'ont pas fait. Enfin, la plupart du temps.
Mais surtout, en fin de compte, qu'étais-je donc allé chercher?
Deuxième flashback:
deux ans plus tôt, là où tout a commencé (Montréal, 27 août)
Ça s'appellerait: Le travail à l'étranger, solution au chômage ou évasion exotique? Ce reportage allait être le déclencheur d'une suite d'événements marquant les deux années suivantes.
En fait, le reportage était déjà à 75% terminé depuis quelques mois. C'est que, depuis 1993, j'avais fait beaucoup de recherche personnelle pour trouver du travail à l'étranger. Mais je ne trouvais rien qui me convenait. Je me retrouvais avec un lourd dossier quelque peu inutile sur le sujet. Un peu en désespoir de cause, je me suis dit qu'au moins ces efforts ne resteraient pas vains si j'en faisais un reportage.
Ce texte est celui qui m'a valu le plus grand nombre de réactions des lecteurs mais un seul coup de fil aura suffi, le lendemain de la publication, celui de Gilles Dubé, du cégep de Rivière-du-Loup. Il m'a appelé à la maison pour me dire qu'il est tombé par hasard sur mon texte et qu'il veut me signaler un important oubli. J'ignorais en effet que ce cégep offre depuis douze ans un programme unique de formation en coopération interculturelle, comprenant quatre mois d'études intensives et un stage de quatre mois sur le terrain au Mali ou au Burkina Faso.
Tiens, me disais-je, c'est bien la seule porte où je ne suis pas allé frapper en trois ans! Pourquoi faut-il que cette opportunité vienne à moi juste au terme d'une longue recherche par ailleurs totalement infructueuse, tout à fait par hasard et alors que je suis juste à l'âge limite pour l'inscription au programme? J'irais jusqu'à croire que je n'ai fait le stage à La Presse que pour en arriver à ce coup de téléphone, même si j'ai effectivement beaucoup appris sur le travail de journaliste avec ce stage.
Peut-être irai-je en Afrique pour faire un apprentissage tout autre que celui d'abord anticipé? C'était bien ça: un diplôme en coopération interculturelle, finalité de l'affaire? Foutaise. L'avenir allait montrer que j'avais des choses plus urgentes à apprendre sur un continent plus mystérieux encore que l'Afrique: ma propre identité. Sur l'amour aussi. Chose certaine, en causant avec Gilles, je flaire une (autre) "coïncidence significative" qui sera dans les faits la première d'une longue série.
J'écoute M. Dubé me raconter comment fonctionne le programme et les objectifs poursuivis, je l'écoute surtout me raconter les expériences vécus par les stagiaires précédents. Ça m'interpelle, c'est pour moi, c'est une réponse à ce que je cherche depuis quelques années. Après deux bonnes heures de discussion interurbaine, aux frais du cégep bien sûr, je suis convaincu : je dois y aller.
Pour faire une histoire courte... À l'automne suivant, je passe la pré-sélection. Puis en février je me rends pour la première fois de ma vie à Rivière-du-Loup pour un week-end devant mener à la sélection finale des vingt membres du prochain groupe d'étudiants. Chaque candidat a un peu moins d'une chance sur deux. À La Presse, c'était une sur quarante...
Dans toute cette expérience, c'était la première de nombreuses invitations de l'Univers à m'amener à aimer un peu plus librement. En fait, à aimer, simplement. Aimer non seulement ces gens (les autres étudiants et les professeurs) qui passeront et partiront dans ma vie, mais aimer au sens large, au sens infini et éternel du terme. Au sens divin. Gratuitement, sans complaisance ni soumission. Toujours un gros défi, c'est un fait, surtout pour moi qui a trop de doigts sur les deux mains pour compter le nombre de fois où j'ai dis je t'aime.
"La solitude est le moyen de la destinée d'amener l'homme à lui-même." Combien de fois cette petite phrase m'a-t-elle parlé pendant ces quelques mois ?
Sur le plan académique, il a terminé une majeure universitaire en communications en 1992 et une autre en enseignement en 1995. Au moment d'écrire ces lignes, il se prépare à terminer une maîtrise en relations internationale, dont la thèse traitera des stratégies de communication chez les organismes internationaux de développement. Derrière ces démarches en enseignement se cachait déjà un vif intérêt vers l'international. Le désir de Éric Messier était d'aller enseigner dans un pays étranger, plus particulièrement dans un pays en voie de développement, par exemple en alphabétisme. Mais le cours des choses allait être quelque peu différent. En effet, après avoir enseigné à différents niveaux dans des écoles du Québec, une opportunité spéciale allait se présenter.
Alors journaliste à La Presse, l'auteur a publié un article à propos du travail à l'étranger et il a reçu quelques appels de lecteurs dont l'un en particulier du directeur du collège de Rivière-du-Loup qui offre un programme d'études en coopération interculturelle.
Au terme de cette discussion, l'auteur a décidé de s'inscrire au programme qui comprend une partie académique au Québec et un stage au sein d'un contrat de développement de l'ONU au Mali, en Afrique de l'Ouest.
Ce contrat a mené l'auteur a travailler auprès des communautés urbaines et rurales un peu partout au Mali. Dans les années suivantes, Éric Messier a aussi travaillé en Haïti et au Sénégal à titre de consultant.
Son intérêt principal dans le domaine du développement international touche la mondialisation et plus particulièrement la nécessité de rendre ce concept économique au service de la communauté humaine réelle. En d'autres termes, il s'intéresse aux efforts d'un nombre grandissant de personnes désirant faire de cet "outil virtuel" (économique) un levier appelé à faire une différence concrète dans le sort de la plus grande partie des habitants de la Terre négligés, sinon exploités, dans ce processus qui ne profite pour l'instant qu'à un groupe restreint.
Que ce soit à titre de coopérant dans des pays en voie de développement ou dans le domaine des communications, l'auteur souhaite ainsi trouver l'opportunité de jouer un rôle dans les efforts grandissants déployés à travers le monde à l'égard de la mondialisation.
Associations professionnelles :
Fédération professionnelle des
journalistes du Québec
Éric Messier se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.
Adresse de correspondance électronique :
Bonjour,
Il est en effet difficile de parvenir à publier des ouvrages depuis quelques années particulièrement. La situation précaire de plusieurs éditeurs y est pour quelque chose, les critères pointus de certains autres est un autre facteur.
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